L'utilisation de l'écrit, perdue par les Mérovingiens, va retrouver sa nécessité à la renaissance Carolingienne. Tout d'abord dans un soucis d'assise du pouvoir Impérial et religieux. Les textes sont principalement des inventaires, des textes d'usages à l'intention des communautés rurales ou proto urbaines (Taxes, impôts, obligations civiles et militaires ainsi que législatives.) et les premières tentatives de généalogies pour justifier une appartenance à l'élite aristocratique.
Les meilleurs terres étaient déjà colonisés depuis l'Antiquité. Dès l'époque mérovingienne, le Haut Moyen Âge, la ruralité se partage entre propriétaires et ou-vriers, esclaves ou libres. A cette époque, et cela depuis l'Antiquité, la société se partageait principalement en deux catégories. Les hommes libres et ceux qui ne l'étaient pas. La seconde catégorie étant la plus importante.
Ces esclaves seront issus des prises de guerres lors des nombreuses conquêtes de Charlemagne , ou achetés auprès de négociants spécialisés ou opportunistes . Entre la chute de l'Empire romain et le XIIe siècle cette situation s'inversera, du moins en apparence, lentement en ce qui concerne le territoire Occidental. Dans la population d'hommes libres du Haut Moyen Âge (Ve-Xe siècles) certains accéderont, ou conserveront, aux statuts de propriétaires de vastes domaines.
A ces vastes domaines aristocratiques il faut rajouter les établissements agricoles ecclésiastiques qui nécessitent d'immense quantité de mains d'uvre, dans la mesure où quasiment toutes les activités économiques sont réalisées manuellement.
Cette économie ne peut exister que grâce à une population asservie. Avec l'administration carolingienne, certains de ces grands propriétaires seront choisis par l'Empereur pour rendre la justice, lever des impôts et recruter des contingents d'hommes pour la guerre, l'ost. Le comte, administrateur d'une circonscription, est secondé par des hommes choisis dans l'aristocratie rurale naissante, les milites, et dans la population d'hommes libres. En contrepartie de cette responsabilité, une partie des taxes, impôts et servitudes en usages sur le territoire administré lui reviennent et il en redistribue une partie, en natures ou en rentes, à ces collaborateurs.
Ces charges impériales, copies de l'administration romaine, sont liées, en théorie, à des compétences et à une valeur individuelle. Elles peuvent êtres remis en question par l'autorité Impériale à tout moment. L'équilibre politique du pouvoir comtal est l'évêque, représentant du pouvoir ecclésiastique. Il est aussi entouré des clercs et des employés liés à sa charge, recrutés dans le même sérail que l'autorité laïc. La capacité qu'à l'évêque de levé des taxes d'usages sur son domaine est la même que le comte. Tout les deux sont liés à l'Empereur par des devoirs. Une part des impôts bien sur, mais aussi l'hospitalité pour tous représentants du pouvoir Impérial, l'entretien du domaine public, tel que les routes et les forêts, et la sécurité des gens qui y vivent et y travaillent.
La pertinence de ce partage de l'autorité dû à Charlemagne évite les excès de chacun. L'existence de " super contrôleurs ", les missi dominici, directement sous la seule autorité de Charlemagne, régule le système. La renaissance Carolingienne verra apparaître de nombreux scriptoria où seront traduits, entre autres, des textes d'agronomes latins : Columelle, Caton et Varron.
Vers 800, on voit apparaître les premières
proto traces du " Français " et de la " Caroline ",
forme d'écriture normalisée plus facilement déchiffrable.
Les traductions de textes des théoriciens antiques de l'exploitation
agraire, spécialement des grandes propriétés romaines
comprises entre 500 et 1 500 hectares, seront déterminantes dans la
gestion des grands domaines monastique et leurs permettront d'accéder
au premier rang économique de l'Occident Médiéval.
Cet avantage intellectuel fut déterminant dans la capacité d'implantation
de la chrétienté dans le pouvoir temporel. Le siècle.
Les techniques agraires du IXe et Xe siècles sont archaïques, surtout du point de vue du rendement et du matériel. Seules les grandes exploitations seigneuriales et religieuses profitent des traductions d'ouvrages latins et d'un outillage en fer. La métallurgie étant utilisé majoritairement pour l'armement, même les puissants n'en auront qu'un nombre limité. Une puissante abbaye comme Corbie ne possédera que deux faucilles, une faux et deux bêches !
Pour la paysannerie, l'absence de matériel efficace
et de connaissances théoriques sur la gestion de la nature est synonyme
de bas rendement. Pour permettre le sarclage des mauvaises herbes les paysans
sont obligés de semer très clair. De ce fait les rendements
à l'hectare sont très faibles. De l'ordre de 1,3 à 3
pour 1 pour les céréales : froment, seigle, épeautre,
avoine, millet, fèves, pois, sorgho et panicaut.
Deux systèmes de préparation de la terre aux semis sont utilisés
à cette époque.
Soit l'araire, soit la charrue. Mais rares encore sont les charrues qui retournent
la terre en profondeur et participent à son aération et à
sa productivité.
Les petites communautés devront se contenter de l'araire et, plus souvent qu'on ne le croit, de la bêche. Parfois à peine serti d'une plaque de tôle.
Le fer est encore une matière première
à vocation militaire et pendant longtemps les outils de la ruralité
utilisant ce matériau devront être polyvalents, civils et militaires,
comme les haches par exemple. Le statut du métallurgiste est l'égal
de l'orfèvre. Son travail consiste à réaliser des objets
précieux et des outils qui sont les pivots de l'économie médiévale.
De fait, il sera l'un des premiers artisans à accéder à
une sorte de proto bourgeoisie, suivi de près par des corps de métiers
spécialisés, utilisateurs d'outils en métal, comme les
carriers, les charpentiers et les menuisiers.
Boucherons pour la pierre, doloires, cognées, tarières, scies
et serpettes pour les métiers du bois.
La plupart du temps la production des métallurgistes sera majoritairement militaire. De plus l'excellente réputation des métallurgistes francs était très largement répandue, et cela depuis l'age du fer.
A tel point que Charlemagne interdira l'exportation de ces armes considérées comme l'un des avantages déterminant de la suprématie carolingienne sur les peuples 'barbares' des marches de l'Empire. Sa rareté ne fait aucun doute et les métallurgistes seront attachés aux grands domaines. Il existe peu de traces archéologiques de sa présence dans le milieu rural.
