Installation du principe Féodal :
Habitats, transports et commerce...
En effet, à part quelques vestiges de voies Romaine et axes de communications créées par les précédentes administrations Reginales, les routes étaient peu sures, assez mal entretenues et remplies d'escogriffes. Les voies navigables offriront une alternative efficace et rapide pour le transport des matières premières, des produits artisanaux et industriels.
De fait, les rives verront apparaîtrent de nombreuses
citées portuaires, principalement près des gués, car
les ponts étaient encore rares. Les exemples les plus significatifs
étant sur la Dordogne, la Beune et la Vézère.
À ce titre le single où nous nous trouvons offre une situation
stratégique puissante aux vues de l'insécurité et des
avantages économiques à s'installer sur un des principaux axes
de l'époque. La proximité de plaines alluvionnaires inondables
riches en limons fertiles apportés par les nombreuses crues de la Vézère
(sa composition en partie sableuse permet un travail plus facile avec l'araire),
de la forêt remplies de proies pour la chasse (activité annexe
à l'agriculture, certes fortement réglementé mais beaucoup
plus présente qu'on ne le croie pour les populations paysannes) et
le contrôle des commerces fluviaux justifie amplement une installation
à cet endroit.
Le fer, le bois et le vin vont devenir des produits d'exportations à
plus ou moins fortes valeurs ajoutés qui iront vers l'Atlantique par
Libourne puis Bordeaux, et de là, par cabotage maritime, vers l'Angleterre,
la Hollande, l'Espagne et bien sûr les principales villes côtières
du Royaume de France.
Comme les premiers occupants préhistoriques, les paysans médiévaux vont s'orienter naturellement vers l'habitat troglodytique, qui offre deux facteurs fondamentaux pour ces populations confrontées à la paranoïa d'un monde encore brutale et limité dans ces capacités de bâtisseurs. L' habitat troglodytique régional s'articulera autour de deux fonctions.
Un habitat refuge à proximité de villages
plus conventionnels, utilisés uniquement dans les périodes troublés
qui ne manquent pas, et un habitat permanent, plus rare, dont fait partie
le Village de La Madeleine. Le Village de La Madeleine est une transcription
troglodytique des structures d'habitats conventionnelles de plaines.
On y retrouve un habitat à deux niveaux ; le rez-de-chaussée
dédié aux animaux ou à une activité économique
artisanale, l'étage pour les hommes.
Le bâti encore debout date certainement des environ du XVIe-XVIIe siècle, d'une époque où la ruralité acquière les moyens financiers et techniques de construire en dur. Il faut imaginer qu'entre le VIIIe siècle et le XVe siècle la totalité des éléments architecturaux etaient en bois. Colombage, torchis, feuillards et bardeaux.
La paroi rocheuse de l'abri a conservé la mémoire de ce bâti en bois qui sont tous ces " trou à boulins " qui sont les vestiges des points d'ancrages des poutres maîtresses.
Seules différences avec un habitat rural conventionnel, La Madeleine possède un accès contrôlé par un système de défense à l'entrée, organisé autour d'une passerelle pivotante au-dessus d'une excavation, surmonté d'une barbacane et précédé de traverses coulissantes. Hors cette architecture militaire, le reste est uniquement civil.
Des basses courts importantes, des porcs de petites tailles, des chèvres,
circulent dans la "rue".
Les bruits provenant des différentes activités artisanales rythment les journées et les saisons. Ferronniers, industries tinctoriales, tissages, départs et retours des champs à l'angélus. L'habitat est autant tourné vers l'intérieur de l'abri qu'en encorbellement au-dessus du vide et de La Vézère, et l'on circule dans une venelle étroite couverte par les toitures qui partent du larmier. L'encorbellement est peut-être une réponse à la non-possibilité de s'étendre dans l'espace. Cette hypothèse peut être étayée par cette tradition dans le milieu urbain du XIIIe siècle où, par manque de place, cet état de choses est très courant. Cela pourrait également expliquer les puissantes sections des trous boulins aux étages supérieurs.
Les outils utilisés pour la transformation de
la paroi sont en premier lieu des pics en fer à bout pointus, plus
ou moins en forme de virgule, les boucherons. Leurs traces sur les parois
sont irrégulières et ne permettent que le détachement
de petits volumes. Pour des aménagements de sols ou des excavations
plus importantes les médiévaux utiliseront une technique connue
depuis l'Antiquité. Ils creusaient des "feuillures " verticales
et/ou horizontales, assez profondes pour ensuite y introduire
des coins en bois, qu'ils mouilleront. Par gonflement le bois finira par casser
la partie préparée. On obtient un enlèvement de matière
conséquent, qui laissera un stigmate caractéristique plus ou
moins en espalier.
