Le Magdalénien
Les ressources alimentaires...
Contrairement à ce que l'on imagine la plupart du temps la faune glaciaire est très riche. Un des aspect également déterminant de l'occupation préhistorique dans cette vallée est l'extraordinaire diversité des niches écologiques, et cela à toutes les époques.
Les versants, vallées ou plateaux, en fonction de leurs orientations, offraient un habitat distinct à des espèces ayant des cycles annuels différents, ce qui n'est pas le cas dans un environnement sans grande diversité comme la montagne ou la plaine. Dans un petit rayon, quelques kilomètres à peine, les hommes avaient à leurs dispositions autant de sources d'approvisionnement qu'ils y avaient d'écosystèmes. Lorsqu'une pénurie se déclarait dans l'une d'entre elles il était toujours possible d'avoir recours à une autre.
Un contre-exemple est la haute spécialisation des chasseurs du Nord Canadien qui se retrouvent sans ressources si les rennes viennent à disparaître.
Chevaux sauvages, sangliers, bisons, aurochs, antilopes, cerfs et rennes pour ce qui est des grands mammifères, sans oublier lapins, lagopèdes, rongeurs et autres animaux à poils et à plumes de petites tailles qui rentraient pour une bonne part dans l'alimentation quotidienne. N'oublions pas non plus les saumons et les truites, entre autres, fournis par la pèche aux harpons et à la ligne et certainement aussi avec des filets.
L'Homo sapiens sapiens était déjà le prédateur ultime, mais il devait encore partager son territoire avec d'autres carnivores. Lions des cavernes, hyènes et loups étaient des concurrents sérieux.
Malgré cela on peut supposer que les magdaléniens, comme d'ailleurs les autres sociétés du Paléolithique supérieur dans cette région, avaient une vie relativement confortable.
Les études pathologiques confirment cette hypothèse. Très peu de traces de carences alimentaires, des tailles proches des nôtres et une espérance de vie tout à fait honorable. Le renne sera une grande source d'approvisionnement en viande et en matière première. Ses avantages sont multiples dans la mesure ou tout est utilisable. Peaux, viande, graisse, viscères, tendons, os, bois et même les sabots, de plus c'est un animal qui, adulte, ne dépasse pas une quarantaine de kilos pour une intelligence très limitée.
La gestion de la population de rennes dans le choix des individus à abattre, une grande majorité des vestiges osseux trouvés à La Madeleine appartenaient à des mâles de trois ans d'âge, animaux qui arrivent rarement à devenir reproducteurs, reflètent une grande connaissance du cheptel.
À cette époque, les migrations des troupeaux de rennes se faisaient sur des distances plus courtes qu'aujourd'hui (à peine quelques centaines de kilomètres) et la vallée de La Vézère était un des axes de ces migrations saisonnières entre le Massif central et l'Atlantique. Le contrôle de ces points de passages et des pâturages hivernaux était particulièrement stratégique.
