Bonjour et bienvenue à La Madeleine...

Votre voiture est au parking. Pour un moment laissez vous conduire dans notre passé.

Depuis près de 400 000 ans, les hommes ont choisi de s'installer à proximité de la Vézère. Pourquoi ? La qualité de la vie bien sûr. Mais surtout un environnement qui de tout temps offrit nourritures et abris. Le calcaire, sous l'effet de l'érosion, la gélifraction,va se creuser au pied des falaises. Ces cavités seront utilisées par tous les hommes qui se succéderont en Aquitaine où ils trouveront à bon compte des habitats naturels.

Au pied de la falaise bien orientée (Sud, Sud-Ouest) des groupes de chasseurs s'installèrent dans un abri sous roche. D'abord de petite taille, puis de plus en plus vaste cet abri fut occupé régulièrement jusqu'à la fin de l'ère glaciaire, il y a 10 000 ans.

Les archéologues qui découvrirent le site en 1863 (Lartet et Christy) et ceux qui y travaillèrent jusque 1976 (dernières fouilles) trouvèrent suffisamment d'objets (outils en silex, outils en os et bois de cervidés, art mobilier) pour que la Madeleine soit définitivement associée à la dernière grande civilisation de chasseurs cueilleurs semi-nomades du Paléolithique Supérieur en Europe Occidentale.

Les Magdaléniens :

Confortablement installés dans cet abri ils exploiteront les troupeaux de rennes qui utilisaient la vallée pour leurs migrations saisonnières. Grâce aux hameçons, déjà connus, et aux harpons, inventions magdaléniennes dont nous vous présentons quelques exemples dans l'accueil, ils pécheront dans la rivière toute proche saumons et truites. Des petites vallées encaissées leurs fourniront racines, baies et graminées.

La mort d'un enfant. Un de ceux-là, à peine âgé de trois ans et demi, sera enterré le corps couvert d'ocre. Plus de 1300 coquillages seront utilisés pour fabriquer des parures, bracelets, colliers et résille, qui recouvriront son corps.

Ils auraient pu continuer à vivre comme cela très longtemps mais la catastrophe arriva. Le climat se réchauffa.

Cette perturbation profita aux tout nouveaux agriculteurs du Néolithique. Après un sérieux entraînement dans le monde méditerranéen, ils coloniseront l'Europe de l'Ouest. La vallée de la Vézère oublia les mammouths et découvrit le potager.

Avec le bronze, le cuivre et le fer, les hommes devinrent militaires, stratèges, Empereur.

Les Celtes, nos Gaulois, courageux mais divisés ne résisteront pas aux cohortes romaines de Jules César. Jusque 450 après J. C, l'Aquitaine sera province impériale.

La science des noms, la toponymie, nous renseigne sur cette vie gallo-romaine.

Le lieu dit Petit-Marzac, ici même, a vu l'implantation d'une exploitation agricole, une villaé.

Mais tout a une fin, et l'Empire s'écroule sous la poussée des Barbares, les Wisigoths et les Alains.

Entre 500 et 900 le royaume Franc, création de Clovis, est bien loin des forêts profondes de l'Aquitaine. Quelques villes existent encore, des monastères tentent de freiner la chute de la civilisation. Mais la plupart des gens vivent en petites communautés isolées. L'écrit, les savoir-faire techniques se perdent. Notamment dans l'agriculture, la poterie, l'architecture...

De plus les Sarrazins, les Vikings, les Normands n'hésiteront pas à venir profiter de la douceur de vivre de cette belle région.

Et nous voila au début du Moyen Age :

Charlemagne est Empereur, c'est la renaissance Carolingienne, le début de l'art Roman, de la féodalité.

L'Occident se retrouve, la chrétienté s'épanouit, et le peuple se regroupe sous l'autorité des puissants.

Vers l'an mille les falaises de cette vallée seront de nouveaux utilisées et les hommes y installeront des villages, et souvent des places fortes, comme ici, les surplomberont. Celle-ci, certainement construite au début du XIII siècle, contrôle le méandre de La Vézère qui nous entoure sur trois cotés. Position stratégique idéal. Son état actuel est dû aux pillages et à l'utilisation des pierres de tailles pour la construction d'autres édifices… .

La Madeleine est un village civil, mais ses occupants sont inquiets. La forêt qui n'est jamais très loin est peu sûre. Des bandes de pillards, des bandits de grands chemins sont toujours prêts à surgir pour tuer et voler.

De plus Alienor d'Aquitaine, en 1150, quittera Louis VII pour Henri II Plantagenêt, futur roi d'Angleterre, et ces paysans vivront sur la frontière entre deux royaumes belliqueux. C'est la guerre de cent ans et malgré la protection du château, ils construiront un système de défense à l'entrée.

I Vous êtes à l'entrée. Sur la falaise vous voyez les aménagements de défense. Des trous de sections carrés, trous boulins, montrent le départ des poutres d'une maison fortifiée en surplomb au-dessus du vide. Le remblai sur lequel vous marchez n'existait pas. Une passerelle étroite escamotable pouvait être manipulée par un garde et toute personne non invitée qui empruntait ce passage prenait le risque d'être précipitée à la rivière.

II Tout le long du surplomb rocheux, les hommes ont taillé une gouttière, un larmier, qui empêchera l'eau de pluie de rentrer dans les habitations.

III Ils tailleront à partir de la fin du XIII siècle des passages de cheminées. Auparavant le foyer était posé directement au sol.

IV Comme dans les fermes des vallées, les habitations seront souvent à deux étages. Le rez-de-chaussée servira aux animaux. Vous pouvez apercevoir ce qui semble être une auge, A, des cloisons, B. L'étage servira aux différentes activités humaines ; des niches, C, seront creusées pour y stocker de la nourriture, des biens etc.... .

Des départs de cloisons sont également visibles, D.

V La plupart des murs sont du XIV siècle. Ici vous pouvez voir un aménagement de porte avec gond, A, moulure d'arrêt, B, et le trou de la gâche, C. Ce système que nous utilisons toujours apparaît tardivement dans l'habitat civil. Auparavant une pièce de bois calée dans une fente au sol suffira.

VI De nombreux animaux vivaient dans ce type de village. Des porcs de petites tailles, des moutons, des chèvres, des poules, des canards, des oies et des paons. Ici certainement les vestiges d'un enclos : des trous régulièrement espacés suggèrent une barrière. De chaque coté de la rue des caniveaux creusés et des trop pleins évacueront vers la rivière eau de pluie, détritus et autres productions humaines et animales qui jonchaient les rues des villes et des villages médiévaux...!

VII Deux maisons contiguës ont conservé leurs façades. Les trous que vous pouvez voir au sol et au plafond, les anneaux taillés dans le rocher, suggèrent une activité artisanale.

Là aussi, les hommes dorment à l'étage. Au fond, en hauteur, de profondes niches accueillent leurs litières. À droite de la cheminée un saloir en pierre, et en face, un four à pain contemporain.

Après avoir baissé la tête dans le couloir étroit, vous tournez à gauche, et vous montez dans la chapelle.

VIII Au fond, la première chapelle au mur et au plafond troglodytique, et au sol à large pavement. Tourné à l'Est, un autel roman.

IX La deuxième chapelle est du XIV siècle. Elle est en partie troglodytique, en partie couverte. Toujours à l'Est, un autel de style Roman. Le sol est un pisé fait de petits éclats de calcaires collés les uns aux autres. Les murs étaient enduits et peints des scènes de la chrétienté. Sous le Plexiglas de protection, un vestige de fresque, un calendrier solaire(?). La voûte est en arc brisé, gothique. Un très joli arc en panier fait la séparation des deux chapelles.

X En descendant de la chapelle vous traversez la rue et tout au bout du mur une petite porte donne sur une resserre. Un poulailler? Un abri de jardin? Probablement un local pour les animaux. Sur le mur, une pierre à trou est scellée. Elle permettait d'y attacher chèvres, moutons et garnements.

XI Vous avez repris la rue et vous arrivez sur la place du village avec la fontaine à sa droite. Celle-ci est intermittente. Ce n'est qu'en période de très forte sécheresse qu'elle fonctionne: phénomène expliqué aujourd'hui (effet de capillarité). Celui-ci devait paraître miraculeux aux médiévaux, et peut-être justifie-t-il la longue occupation humaine en ce lieu.

XII Vous voilà au bout du village. De nombreux trous de fortes sections, sur la falaise et au niveau du sol laissent penser à une structure d'habitat qui partirait loin au-dessus du vide. La proximité de la rive à cet endroit permettait peut-être un accès plus facile à l'eau et la possibilité de charger et décharger les gabares qui descendaient la rivière. La Dordogne, l'Isle et la Vèzére constituant les principaux axes économiques jusqu'à une époque très récente.Vous êtes au bout du village et le site archéologique est à une cinquantaine de mètres devant vous, au pied de la falaise.

XIII Vous êtes à la hauteur du plan de la Vézère où vous voyez les principales occupations troglodytiques. Vers la gauche en hauteur, vous apercevez un trou rectangulaire. Un cluzeau. Peu profond, juste assez grand pour une personne, chaque village a le sien. Ces trous de guetteurs étaient peut-être les relais d'un système de communication entre villages.

En remontant du village vous pouvez contourner les vestiges du château féodal par un chemin qui vous conduit jusqu'à un point de vue sur la vallée.

Il ne vous reste plus qu'à faire demi-tour. Merci de me ramener à l'accueil, où le personnel se tient à votre disposition pour répondre à vos questions.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Village Troglodytique de la Madeleine
24260 TURSAC

Tél. : 05.53.46.36.88
Fax : 05.53.50.21.54